
Salle des banquets
Banquets des maisonnées perses et de la cour royale, VIe et Ve siècles av. J.-C.
Le banquet était l'un des principaux moyens par lesquels les maisonnées perses et la cour royale affichaient leur rang et récompensaient la loyauté. Hérodote décrit des banquets d'anniversaire où l'on rôtissait des bêtes entières et où l'on buvait sans mesure. Les tablettes de Persépolis montrent que la table du roi puisait dans d'immenses réserves de grain, de vin, de bière et de bétail, que les historiens pensent avoir été redistribuées à ceux qu'il favorisait.
Dans le jeu : La Salle des banquets est un bâtiment de service dont les hôtes invitent les maisons devant lesquelles ils passent ; sa note sur les anniversaires suit Hérodote 1.133. Aucun bâtiment de ce type n'est attesté : les Perses festoyaient dans les salles des palais, les cours, les tentes et les demeures.

Anniversaires et bêtes rôties entières
Récit antiqueHérodote rapporte que les Perses honoraient leur jour de naissance plus que tout autre. Une maison riche faisait rôtir au four un bœuf, un cheval, un chameau ou un âne entier, tandis que les familles plus pauvres servaient de plus petites bêtes, comme des moutons. Les plats principaux étaient peu nombreux, mais de nombreux mets supplémentaires se succédaient. Les Perses, ajoute-t-il, disaient que les Grecs quittaient la table encore affamés, car rien qui vaille la peine d'être mangé ne venait après le repas principal.
Herodotus 1.133

Le vin et le conseil
Récit antiqueHérodote rapporte aussi que les Perses aimaient beaucoup le vin et qu'ils délibéraient de leurs affaires les plus graves en buvant. Le lendemain, le maître de la maison où ils s'étaient réunis leur soumettait de nouveau la décision une fois à jeun, et ils ne la maintenaient que si elle leur plaisait encore. Un choix d'abord fait à jeun était de même remis à l'épreuve autour du vin. Certains historiens soupçonnent ici un cliché grec, mais Hérodote le présente comme une coutume établie.
Herodotus 1.133

Des vivres pour la table du Roi
Dans les sourcesLes tablettes des Fortifications de Persépolis enregistrent le grain, la farine, le vin, la bière et les animaux délivrés pour le roi et la maison royale, y compris lors des déplacements de la cour. D'autres tablettes consignent la nourriture remise pour les offrandes aux dieux, qui, selon Wouter Henkelman, était ensuite consommée par les participants. Il soutient aussi que la table royale fonctionnait comme un système de redistribution, la nourriture passant de la cour aux nobles et aux gardes en signe de la faveur du roi.
Persepolis Fortification tablets; W. Henkelman, Consumed before the King, 2010

L'ampleur du dîner du Roi
ContestéAthénée, qui écrit vers 200 apr. J.-C., cite Ctésias et Dinon pour affirmer que le Roi dînait avec 15 000 personnes pour un coût de 400 talents. Héraclide de Cumes, qu'il cite aussi, dit qu'environ un millier d'animaux étaient abattus chaque jour et qu'une grande partie de la nourriture allait aux gardes et aux troupes. Polyen évoque un pilier de bronze à Persépolis énumérant les provisions du repas. Certains voient dans ces chiffres une exagération grecque, tandis que Briant y lit le décompte de tous ceux que nourrissaient les réserves royales.
Athenaeus, Deipnosophists 4.145-146; Polyaenus, Stratagems 4.3.32; P. Briant, From Cyrus to Alexander, 2002

Festin d'anniversaire de Xerxès
Légende tardiveHérodote rapporte qu'une fois l'an, le jour de l'anniversaire du roi, les Perses célébraient un festin royal appelé tykta, mot qu'il traduit par « parfait ». Ce jour-là, le roi s'oignait la tête et accordait à ses convives ce qu'ils lui demandaient. Dans son récit, la reine Amestris profita de cette coutume pour réclamer l'épouse de Masistès, ce qui entraîna de cruelles représailles. L'histoire est construite comme un drame moral de passions de cour. La coutume des présents d'anniversaire est peut-être réelle, mais le récit est invérifiable.
Herodotus 9.110-112
Sources
- Herodotus 1.133
- Herodotus 9.110-112
- W. Henkelman, Consumed before the King, 2010
- P. Briant, From Cyrus to Alexander, 2002
- Athenaeus, Deipnosophists 4.145-146
- Polyaenus, Stratagems 4.3.32