Encyclopédie › Bâtiments

Tumulus royal

Tumulus royal

Tertres funéraires lydiens de Bin Tepe, au nord de Sardes, du 7e au 4e siècle av. J.-C.

Les rois de Lydie étaient inhumés sous de grands tertres de terre élevés sur des fondations de pierre à Bin Tepe, une nécropole située à environ 10 km au nord de Sardes. Le plus grand, qu'Hérodote appelle le tombeau d'Alyatte, père de Crésus, compte parmi les plus vastes tumulus d'Anatolie. Les nobles lydiens et perses continuèrent d'élever de tels tumulus après la prise de Sardes par Cyrus vers 546 av. J.-C., si bien que ces tertres montrent aussi une élite locale qui se maintint sous la domination perse.

Dans le jeu : À Sardes, le Cimetière devient un Tumulus royal financé par la ville, où des porteurs conduisent les morts. Hérodote en attribue le financement aux marchands, aux artisans et aux prostituées, et les véritables tertres royaux se dressaient à l'écart, à Bin Tepe, et non parmi les tombes de la ville.

Tumulus royal: Hérodote sur le tombeau d'Alyatte

Hérodote sur le tombeau d'Alyatte

Hérodote tenait le tombeau d'Alyatte pour la seule grande œuvre de Lydie capable de rivaliser avec celles de l'Égypte et de Babylone. Il rapporte qu'il avait une base de grandes pierres surmontée d'un tertre de terre, et que les gens du marché, les artisans et les prostituées de Sardes l'élevèrent. Des bornes inscrites à son sommet, dit-il, consignaient la part de chaque groupe, et celle des prostituées était la plus grande. Plus tard, Strabon décrit le même tertre près du lac Gygée.

Herodotus 1.93; Strabo 13.4.7

Tumulus royal: Les tertres de Bin Tepe

Les tertres de Bin Tepe

Dans les sources

Bin Tepe, « mille tertres » en turc, s'étend de l'autre côté de la plaine de l'Hermos face à Sardes, près du lac qu'Hérodote appelle Gygée. Le tertre généralement identifié comme le tombeau d'Alyatte, Kocamutaf Tepe, mesure environ 355 mètres de diamètre. Des galeries creusées en 1854 atteignirent une chambre funéraire en blocs de marbre finement taillés, pillée depuis longtemps. Les fouilleurs découvrirent plus tard un mur de soutènement en pierre, ou crépis, à l'intérieur de Karnıyarık Tepe.

G. M. A. Hanfmann, Sardis from Prehistoric to Roman Times, 1983

Tumulus royal: Les tumulus sous la domination perse

Les tumulus sous la domination perse

Dans les sources

Prospections et fouilles laissent penser que nombre des tumulus de Bin Tepe et d'autres tumulus lydiens furent probablement élevés après la conquête perse, au cours des Ve et IVe siècles. Leurs chambres, leurs lits funéraires et leur mobilier mêlent styles lydien et perse. Les archéologues y voient le signe que les familles lydiennes comme les Perses installés dans la satrapie recouraient à l'antique forme royale de sépulture pour afficher leur rang.

C. H. Roosevelt, The Archaeology of Lydia, from Gyges to Alexander, 2009; E. R. M. Dusinberre, Aspects of Empire in Achaemenid Sardis, 2003

Tumulus royal: Pour qui fut élevé le tertre, et par qui

Pour qui fut élevé le tertre, et par qui

Contesté

Les noms attribués aux grands tertres reposent sur Hérodote et sur les déductions des spécialistes, non sur des inscriptions nommant les défunts. Karnıyarık Tepe a été rattaché à Gygès parce que des marques sur son mur ont été lues comme son nom, mais cette lecture et la datation sont débattues. Beaucoup d'historiens doutent aussi du récit selon lequel des prostituées auraient payé le tombeau, qui s'accorde avec les histoires grecques sur le luxe lydien. Hérodote ajoute lui-même que les filles du commun, en Lydie, gagnaient ainsi leur dot.

Herodotus 1.93; C. H. Roosevelt, The Archaeology of Lydia, from Gyges to Alexander, 2009

Sources

  • Herodotus 1.93
  • C. H. Roosevelt, The Archaeology of Lydia, from Gyges to Alexander, 2009
  • G. M. A. Hanfmann, Sardis from Prehistoric to Roman Times, 1983
  • E. R. M. Dusinberre, Aspects of Empire in Achaemenid Sardis, 2003
  • Strabo 13.4.7