Encyclopédie › Bâtiments

Camp des maçons

Camp des maçons

Tailleurs de pierre qui bâtirent les résidences royales de Perside et d'Élam, vers 550-480 av. J.-C.

Les palais, terrasses et tombeaux des rois achéménides furent taillés et bâtis par de nombreux maçons et manœuvres. Venus de bien des pays, ils étaient nourris sur les réserves royales. Les inscriptions de construction de Darius et les tablettes d'argile de Persépolis montrent ces ouvriers bien plus nettement qu'aucun auteur grec.

Dans le jeu : Le jeu réunit les maçons dans un seul camp qui dessert tous les chantiers, avec jusqu'à 36 maçons par chantier. C'est une simplification : les véritables travaux royaux mobilisaient une main-d'œuvre rationnée considérable, issue de peuples multiples et organisée par l'administration royale.

Camp des maçons: Des artisans de nombreux pays à Suse

Des artisans de nombreux pays à Suse

Dans les sources

Dans sa charte de fondation du palais de Suse, Darius énuméra la provenance de ses matériaux et de ses ouvriers. Il dit que les tailleurs de pierre étaient des Ioniens et des Sardiens. Les Mèdes et les Égyptiens travaillèrent l'or, les Sardiens et les Égyptiens le bois, et les Babyloniens la brique cuite. Le texte présente l'édifice comme l'œuvre de l'empire tout entier : il porte donc un message politique autant qu'il consigne un travail.

DSf; DSz

Camp des maçons: Les travailleurs inscrits sur les listes de rations

Les travailleurs inscrits sur les listes de rations

Dans les sources

Les tablettes des Fortifications de Persépolis enregistrent les rations mensuelles de grain, de vin et de bière délivrées à des travailleurs appelés kurtaš en élamite. Nombre d'équipes de travail étaient importantes, et les tablettes nomment des tailleurs de pierre et d'autres artisans, parfois selon leur origine. Les tablettes du Trésor de Persépolis consignent des paiements en argent, versés en remplacement d'une partie des rations, aux artisans travaillant sur la terrasse sous Darius et Xerxès.

R. Hallock, Persepolis Fortification Tablets, 1969; G. Cameron, Persepolis Treasury Tablets, 1948

Camp des maçons: Les méthodes ioniennes et lydiennes à Pasargades

Les méthodes ioniennes et lydiennes à Pasargades

Dans les sources

La taille de pierre à Pasargades, du temps de Cyrus, révèle des techniques connues en Lydie et en Ionie. Les tailleurs de pierre employaient la gradine et ne lissaient les faces de joint que sur leur pourtour, procédé appelé anathyrose. Les blocs étaient liés par des crampons de fer en queue d'aronde scellés au plomb. Les spécialistes y voient la preuve que des artisans occidentaux vinrent probablement vers l'est après la prise de Sardes par Cyrus, et les surfaces inachevées montrent les étapes de leur travail.

C. Nylander, Ionians in Pasargadae, 1970; D. Stronach, Pasargadae, 1978

Camp des maçons: Ouvriers libres ou travail forcé

Ouvriers libres ou travail forcé

Contesté

Les auteurs grecs tendaient à voir dans les sujets perses les esclaves du Roi, et certains récits modernes les ont suivis. Les tablettes offrent un tableau plus nuancé. Hommes, femmes et enfants recevaient des rations graduées, certains travailleurs touchaient une paie en argent, et les femmes recevaient des rations supplémentaires après un accouchement. Les historiens discutent encore de la part des kurtaš qui étaient des déportés, des conscrits ou des artisans engagés, et du degré de liberté dont ils jouissaient.

P. Briant, From Cyrus to Alexander, 2002; M. Brosius, Women in Ancient Persia, 1996

Sources

  • DSf
  • R. Hallock, Persepolis Fortification Tablets, 1969
  • G. Cameron, Persepolis Treasury Tablets, 1948
  • C. Nylander, Ionians in Pasargadae, 1970
  • D. Stronach, Pasargadae, 1978
  • P. Briant, From Cyrus to Alexander, 2002