Encyclopédie › Soldats et navires

Archer de la levée
Archer recruté par levée royale pour l'armée du Roi perse, VIe-Ve siècles av. J.-C.
Les rois perses levaient une grande partie de leur armée parmi les peuples de l'empire, et beaucoup des hommes qui répondaient à l'appel étaient des archers. En Babylonie, des documents montrent des terres concédées à condition que leur détenteur serve comme archer ou en fournisse un. Le tir en masse était au cœur du combat de l'infanterie perse : le tireur de la levée, rassemblé par l'intermédiaire des satrapes, comptait donc probablement parmi les soldats les plus nombreux des guerres du Roi.
Dans le jeu : Le jeu présente l'Archer de la levée comme un citadin muni d'un arc de chasse, qui tire depuis l'abri des lanciers de la levée. C'est une simplification : les documents conservés évoquent plutôt des propriétaires terriens astreints au service que des citadins.

Une terre tenue pour un arc
Dans les sourcesLes documents babyloniens de l'époque achéménide mentionnent des « terres d'arc », parcelles concédées à condition que le tenancier fournisse un archer au Roi. Les témoignages les plus complets proviennent des archives des Murashu de Nippur, rédigées à la fin du Ve siècle, après la période du jeu. À cette date, l'obligation était souvent acquittée en argent ou remplie en équipant un remplaçant, et les terres d'arc étaient partagées entre de nombreux ayants droit.
M. Stolper, Entrepreneurs and Empire, 1985

Les arcs dans l'art perse
Dans les sourcesLes frises de briques émaillées du palais de Darius à Suse montrent des rangées de gardes tenant une lance, un arc à l'épaule et un carquois dans le dos. À Persépolis, des reliefs montrent des étuis d'arc parmi les armes de certains gardes perses et mèdes. Dans cet art, l'arc et la lance sont souvent portés par le même homme, ce qui s'accorde mal avec une stricte division entre lanciers et archers.
P. Briant, From Cyrus to Alexander, 2002

Ce qu'Hérodote dit des armes perses
Récit antiqueHérodote rapporte que les garçons perses apprenaient trois choses : monter à cheval, tirer à l'arc et dire la vérité. Dans sa description de l'armée de Xerxès, il dote les fantassins perses de boucliers d'osier, de lances courtes, de grands arcs, de flèches de roseau et de poignards. Il énumère aussi de nombreux contingents de peuples sujets armés d'arcs, parmi lesquels les Bactriens, les Saka, les Indiens et les Arabes.
Herodotus 1.136; Herodotus 7.61-80

Les boucliers devant, les flèches derrière
ContestéHérodote décrit les Perses à Platées combattant derrière une palissade de boucliers d'osier tout en tirant des volées de flèches. Les historiens modernes ont reconstitué des unités avec des porte-boucliers au premier rang et des archers derrière, mais l'écart entre les rangs, et la fréquence d'emploi de cette formation, restent débattus. Les sources sont minces et proviennent surtout d'auteurs grecs relatant des défaites perses.
Herodotus 9.61-62; D. Head, The Achaemenid Persian Army, 1992

Combien d'hommes furent levés
ContestéHérodote donne à l'armée de terre de Xerxès 1 700 000 fantassins en 480 av. J.-C., un chiffre que les historiens rejettent comme largement exagéré ; les estimations modernes n'en représentent qu'une petite fraction et varient beaucoup. Hérodote affirme aussi qu'aux Thermopyles, les officiers poussaient les hommes en avant à coups de fouet, et les auteurs grecs opposent souvent des Perses entraînés à des levées sujettes mal armées. Dans quelle mesure ce tableau reflète des différences réelles plutôt qu'un parti pris grec, la question reste débattue.
Herodotus 7.60; Herodotus 7.223; P. Briant, From Cyrus to Alexander, 2002
Sources
- Herodotus, Histories, books 1, 7 and 9
- M. Stolper, Entrepreneurs and Empire, 1985
- P. Briant, From Cyrus to Alexander, 2002
- D. Head, The Achaemenid Persian Army, 1992